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26 septembre 2008 5 26 /09 /septembre /2008 14:38
Nicolas Sarkozy est donc venu prêcher la bonne parole économique au Zénith Oméga de Toulon, jeudi soir. Toute la famille de droite de notre département (élus municipaux, départementaux et patronnat varois) s'y est pressée, trop heureuse de voir et d'écouter "le chef", dans l'attente d'être rassurée face à la crise boursière américaine qui menance de se mondialiser.

Las, le discours volontairement alarmiste a du en surprendre plus d'un. Le président, si néo-libéral, a plaidé pour un interventionnisme plus poussé de l'état sur les marchés et a fustigé un "capitalisme perverti". J'imagine d'ici les têtes de nos chers édiles varois, chantres avoués du capitalisme débridé, eux qui n'ont de cesse de prôner moins d'Etat, moins d'impôts, moins de taxes et plus de liberté pour les entreprises.

Oh, bien sûr, le président n'a pas annoncé un bouleversement de sa vision économico-politique, tout juste un accomodement bien pratique avec l'argent public quand il vient préserver le capitalisme. Bien au contraire, il entend se servir de cette dégradation économique pour faire passer en force ses "réformes" encore plus vite. Il a ainsi confirmé le lancement d'une deuxième étape de la réforme de l'Etat, de celles des collectivités locales et de la taxe professionnelle, tout comme la suppression de "30.600 emplois publics" en 2009.

En réaction à ce show Sarko Toulonnais, Ségolène Royal, invitée ce matin sur France Inter a estimé que ce qui était grave, derrière un constat de la crise juste, c'est l'écart entre le discours et les actes, "c'est ça qui est devenu maintenant insupportable. Je partage le constat. Ce qui est beaucoup plus étrange, c'est qu'on ait l'impression d'un responsable politique qui n'est pas en responsabilité, mais qui est pratiquement dans l'opposition ou simplement observateur de la crise nationale et internationale", a-t-elle déclaré. Les Français "sont parfaitement conscients" qu'il y a des actes "contraires aux discours", a-t-elle ajouté, faisant référence au bouclier fiscal. "Il faudrait aujourd'hui que les grandes puissances s'engagent très fermement sur les paradis fiscaux", a-t-elle poursuivi, estimant que Nicolas Sarkozy aurait dû convoquer "en urgence les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne pour qu'ils arrêtent ensemble des propositions de nature à juguler la crise".

Dans la foulée, ce matin, le gouvernement, qui a présenté un projet de budget 2009 rendu délicat par une croissance en berne, a refusé toute "hausse des impôts qui réduirait le pouvoir d'achat des Français". C'est vrai, et les plus fortunés le savent bien, Sarkozy et les siens ne viendront pas leur enlever quelques piécettes...  Au lieu de prendre l'argent où il se trouve, ce budget va, en fait, perpétuer la tradition de la droite qui consiste à ponctionner les ménages et la classe moyenne (fonctionnaires, artisans, commerçants, cadres...) par le biais de taxes en tout genre, tout en réduisant dramatiquement les services de l'Etat, une situation qui n'est guère tenable à long terme. Le président PS de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Didier Migaud, a d'ailleurs estimé que ce budget annonçait "l'heure des renoncements" des promesses de Nicolas Sarkozy. "Le président de la République a été élu sur quatre promesses : plus de croissance, plus de pouvoir d'achat, moins d'impôts et moins de déficit, de dette. Le résultat c'est au contraire moins de croissance, moins de pouvoir d'achat, plus de déficit et de dette et les prélèvements obligatoires ne vont pas diminuer". Un projet de budget qui est "en complet décalage avec le discours présidentiel" de Toulon, a estimé M. Migaud.

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Published by Michel Pineau - dans Economie
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