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9 octobre 2006 1 09 /10 /octobre /2006 11:05
Le 9 octobre 1981, il y a 25 ans, une phrase lapidaire publiée au Journal Officiel signait l'arrêt de mort de la guillotine : "la peine de mort est abolie".

Dès 1972, l'Union de la gauche avait inscrit l'abolition dans son programme commun et lors de la campagne présidentielle de 1981, François Mitterrand avait affirmé: "dans ma conscience, je suis contre la peine de mort". Six mois après l'arrivée de la gauche au pouvoir, la France mettait ainsi un terme à cette pratique que la Révolution avait souhaité "humaniser" avec la guillotine. Et pourtant, ses détracteurs n'avaient pas manqué de dénoncer la peine de mort des décennies plus tôt : en 1848 Victor Hugo s'élevait déjà contre une "barbarie" et en 1908, Jean Jaurès dénonçait le "dogme de la fatalité" qui "détourne les nations de la recherche des responsabilités sociales dans le crime".

Le 17 septembre 1981, le Garde des sceaux de François Mitterrand, Robert Badinter, prononce un discours enflammé à l'Assemblée nationale. "Aucun homme n'est totalement responsable, aucune justice n'est absolument infaillible, ce qui rend la peine de mort moralement inacceptable", lance l'avocat. "Une justice qui tue n'est jamais juste", explique-t-il, 25 après, dans un entretien à l'AFP, car avec la peine de mort "le crime change de camp".

25 ans après, alors que certains continuent à faire du rétablissement de la peine de mort leur fonds de commerce électoral, je pense qu'il était bon de se souvenir de ce 9 octobre 1981 qui marqua l'Histoire de France et de rendre hommage à François Mitterrand et Robert Badinter qui ont œuvré pour abolir cette sentence d'un autre temps.

Avec AFP

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Published by Michel Pineau - dans Société
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commentaires

Thomas 16/10/2006 16:08

C'est vraiment une fierté de compter un homme comme Badinter parmi les socialistes. Quelle figure inoubliable.
Cela m'interpelle qu'il s'engage aux côtés de DSK. Un bon chemin à suivre ...