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23 mai 2008 5 23 /05 /mai /2008 07:01
A l'heure où les Français, du privé comme du public, lycéens, étudiants, salariés, retraités ou chômeurs se mobilisent depuis des semaines pour dire non à la politique "sociale" du gouvernement, je viens de découvrir une interview complètement hallucinante d'Eric Woerth, le Ministre du Budget, dans le Figaro.

Il s'y vante, tenez vous bien, de ce que l''État a supprimé 15 500 emplois en 2007 !

Oui vous avez bien lu, il se félicite de la chose, tel un PDG qui tirerait un bilan positif de son action devant un conseil d'administration : "Nous avons tenu (notre objectif) et même dépassé puisque nous sommes à 15 479 suppressions de postes exprimés en équivalent temps plein travaillé. C'est mieux qu'en 2006, année durant laquelle 9 500 postes avaient été supprimés." Et quand le journal lui fait remarquer que la "promesse Sarkozienne" du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux n'est pas encore tenue, le Ministre du budget répond, sans coup férir : "Nous ferons tout pour tendre vers le «un sur deux» en 2009. Mais je ne peux pas encore dire si nous serons à 45 %, 48 % ou 52 % de non-remplacement des fonctionnaires partant en retraite. J'observe toutefois que le ministre de l'Éducation nationale Xavier Darcos n'a pas l'intention de céder face aux syndicats et s'en explique très bien. Et cela mérite d'être souligné."

Quelle belle prose ! Je n'ai pas l'impression de vivre dans le même monde que ce monsieur. Il ne parle pas à ses concitoyens mais il semble rendre des comptes à ses actionnaires. Est-il conscient simplement de la dure réalité de ses propos. Sait-il ce que cela signifie pour notre société ?

Non monsieur Woerth, on ne gère pas un pays comme une entreprise du CAC 40, à la recherche de profits immédiats, sans tenir compte des effets humain et des dégâts à long terme que cette politique va entraîner. Ce n'est pas ma façon de voir les choses, d'envisager la société. La France a besoin d'une fonction publique forte et ambitieuse, équitablement répartie sur le territoire.

Je me battrais toujours pour que notre pays ne sombre pas dans cette approche néo-libérale car les premiers à en payer le prix, ce seront, comme toujours, les jeunes, les salariés, les retraités et les chômeurs... Tiens, justement, ceux-là mêmes qui manifestent actuellement contre les réformes sociales du gouvernement !

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Published by Michel Pineau - dans Economie
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